J’ai rencontré Céline, il y a 5 ans, par une amie commune. Elle s’installait à Reims avec son amoureux et venait d’acheter une maison à rénover. J’ai vu « débouler » une femme dynamique, souriante, remplie de projets et de détermination… L’alchimie a été immédiate. Elle voulait « Faire évoluer notre société. Être actrice du changement. Transformer ce qui l’indignait en quelque chose de plus positif ». De cette volonté d’agir est né son festival – Le Pop Women Festival (un festival 100% pop culture, 100% créativité féminine) qui a lieu aujourd’hui, tous les ans sur Reims. Ensemble, en parallèle de la création de son futur évènement, et malgré le COVID, nous avons rénové sa jolie maison… Et ce que je peux vous dire, c’est que l’on a beaucoup rit sur ce chantier, malgré les déconvenues exceptionnelles de rénover pendant un confinement, malgré les retards et parfois les doutes…

Aujourd’hui, Céline nous ouvre les portes de sa maison, où elle vit avec sa famille recomposée et où elle travaille au quotidien.
Céline, c’est quoi une maison pour toi ?
Une maison pour moi, c’est l’endroit qui doit être le plus accueillant possible, parce que c’est là où je passe mes journées, parce que c’est l’endroit où travaille, mais aussi où je reçois mes amis. Il est très important pour moi que ce soit un espace cosy, chaleureux, que ça me ressemble et qu’on ait envie d’y venir et d’y revenir.
Trouves-tu que ta maison est un espace qui te ressemble ?
Ma maison me ressemble, mais pas qu’à moi, puisque mon conjoint a choisi pas mal de choses ici, aussi. Cependant, elle me ressemble par plein de petites touches que je rajoute avec un peu d’excentricité. Par exemple, j’ai un léopard géant que j’adore en céramique (Ganesh), des Buddhas positionnés dans quelques pièces qui me rappellent l’époque où je vivais au Cambodge, et de nombreux d’éléments que j’ai récupéré à droite, à gauche, au cours de mes voyages, dans ma vie, etc… Donc oui, ça me ressemble quand même pas mal ! (me glisse-t’elle en souriant)



Selon toi, qu’est-ce qui fait que l’on se sente bien dans une maison ?
Dans une maison, pour que l’on se sente bien, je trouve que l’important c’est d’avoir différents espaces dont on peut disposer selon ses humeurs, selon les moments de la journée, pour les week-ends, la semaine ; des endroits un peu moelleux, quand on a envie de s’installer pour bouquiner, pour regarder la télé, des endroits où on peut boire un verre quand on prépare la cuisine, etc… différentes zones dans lesquelles on aime aller en fonction de la journée.
Par exemple, de temps en temps, je vais dans ma chambre pour lire, parce que c’est l’endroit calme et hyper lumineux de la maison, où je me sens bien. Mais aussi, parce qu’il y a moins de passage… On a une grande pièce de vie et les enfants sont souvent dans cette pièce, pour les devoirs, la télé, tout le monde passe dans cet endroit, alors ma chambre, c’est un peu mon lieu à moi… Pour moi, une maison chaleureuse, c’est vraiment ça, plusieurs endroits où on peut se poser, recevoir du monde et ne pas se sentir étouffé.




On s’est rencontré, il y a un peu plus de 4 ans, pour le projet de ta maison et tu m’avais laissé carte blanche, sauf que j’avais deux contraintes, peux-tu nous en parler.
Oui, je t ‘avais laissé carte blanche, parce que je savais ce que tu faisais et j ‘avais cent fois confiance ! En revanche, j’avais deux contraintes. J’avais déjà choisi certaines choses, comme un papier peint que je voulais mettre dans l’entrée. Pour moi, ce papier peint est l’une des pièces maîtresses de cette maison, et en sus, il définit bien mon style. C’est un papier peint japonais de chez Pierre Frey Paris, composé de fils de pailles et assimilés. Ce n’est pas du fil d’or, mais quand on l’illumine, on le voit briller… il est rempli de couleurs que j’adore. Et puis, il y avait le laiton (rires)… parce que j ‘ai une passion pour le laiton. Ça, c’était vraiment mes deux seules contraintes. C’est vrai que je suis un peu une psychopathe ou un peu psychorigide sur ce sujet-là… j’apporte un intérêt important aux détails, ils sont très importants pour moi. Donc, j’avais envie de pousser le vice jusqu’au bout… comme intégrer des produits de qualité…, c’était un critère essentiel, pour que lorsqu’une personne rachètera cette maison, un jour, il puisse y trouver des choses de qualité. Alors évidemment, s ‘ils veulent tout changer, ils peuvent tout changer. Mais voilà, je trouve que ça fait partie d’une forme de transmission.
C’est aussi pour ça qu’on voulait travailler avec toi, parce qu’on sait que tu peaufines jusqu’au bout et que tu vas vraiment dans le détail et ça, c’était très important pour nous !









Quand on rénovait cette maison, tu étais en pleine réflexion sur la création de ton festival « le Pop Women Festival », tout en découvrant la nouvelle ville où t’installais. Peux-tu nous dire si cette maison t’a aidé à la créativité de ce nouveau projet ?
Oui, c’est sûr, que ça m’a beaucoup aidé, parce que j’ai pu faire mon espace. Tout me ressemblait, j’étais bien. Et je crois que quand on est bien dans un endroit, on a la possibilité d’être moins contrainte et donc de libérer un peu sa créativité, mais aussi, en m’installant ici, en achetant cette maison, en rénovant cette maison, je m’appropriais cette ville.
Comme j’avais décidé de faire un événement dans cette ville, tout était partie prenante dans ma création et de ce que j’avais envie d’entreprendre. Alors oui, complétement.


Dans cette maison, il y a beaucoup d’objets chinés, tu peux nous en parler un peu ?
J’ai une grande passion pour les objets chinés et surtout pour les lampes, les luminaires, c’est vraiment important pour moi. Avoir de la luminosité partout plutôt chaude… je n’aime pas les lumières trop blanches, c’est vraiment ce que je déteste le plus. Il me faut des lumières chaleureuses et dépareillées, j’aime bien l’idée que tout ne soit pas uniforme. Comme quand on chine, on trouve des choses très différents, d’époques différentes. J’aime bien ce qui est un peu suranné, parfois, et kitsch aussi. Alors, ce côté kitsch, j’aime bien le retrouver dans mes lampes… j’ai des lampes ici coquillages, moules, fleurs, palmiers, etc. De chiner tout ces objets donne de l’âme. J’aime bien que cette maison me ressemble. Mais demain, si j’ai une autre maison, elle ne sera pas forcément complètement dans le même style. Je trouve qu’il faut l’adapter au lieu, à l’état d’esprit du lieu et de son environnement.
Cette maison, c’est une maison des années 20 et quand on a travaillé ensemble, c’est toi, qui a vraiment ressenti ce qu’elle avait à raconter, tu as imposé quelque chose, une vision. Ensuite, on a suivi cette vision et on a essayé de lui donner une âme qui lui ressemblait. Peut-être que demain, je n’aurai pas le même type de maison, mais je ramènerai quand même mes lampes huîtres, moules, coquillages… Dans tous les cas, ici l’idée, c’était vraiment de s’approprier une maison comme si elle avait déjà une âme et qu’il fallait la perpétuer et ensuite la revendre à quelqu’un d’autre, par exemple, qui aura envie de prolonger ça.





Il y a les lampes, il y a la luminosité. C’est vrai que dans cette maison, on a essayé de faire rentrer le plus de lumière. On a recréé un grand espace vitré pour faire rentrer la lumière. Mais il n’y a pas que les lampes, en fait, ici, qui sont chinées. Au final, il y a quasiment toute la décoration...
Mais tellement, quasiment tout le mobilier est chiné, la table où l’on passe tous nos repas, la table basse du salon, de nombreux fauteuils aussi. Il y a peu de pièces qui ne sont pas chinées, mais pas tant que ça.
Quand on a acheté cette maison, avant de s’installer. J’ai passé des heures et des heures à chercher sur des sites spécialisés, tel que Selency, par exemple. Et c’est vrai que quand j’ai une envie, souvent, d’abord, je vais voir sur ce site, pour moi c’est vraiment la référence pour trouver tout un tas d’objets, de mobilier. Il n’y a qu’en vacances où je prends le temps de faire des Brocantes, où je prends le temps de chiner…


Pourquoi préfères-tu les objets chinés ? Ça te procure quoi ?
Déjà, je n’aime pas beaucoup quand on voit et que l’on possède les mêmes choses. Ça, c’est vraiment pour moi quelque chose qui me dérange.Je suis comme ça pour tout, pour les fringues, pour la décoration, dans mes choix, dans mon travail, je n’aime pas beaucoup quand tout se ressemble. Donc, de chiner ça me permet d’acquérir quelque chose que l’on n’aura pas ailleurs. Après, même si de chiner peut-être à la mode, dans l’excentricité de ce qu’on peut trouver, ça rajoute un état d’esprit. Cette maison, elle me ressemble, alors, quand j’invite quelqu’un, j’ai le sentiment que cette personne va comprendre la personne que je suis.




On a beaucoup chiné pour aménager cette maison, mais tu avais déjà beaucoup d’objet de famille à intégrer dans cette maison…
Exactement, au moment où on a acheté cette maison, j’ai récupéré beaucoup d’affaires de chez mes parents. Mon père aimait beaucoup les meubles, il en achetait beaucoup d’une époque qui n’est pas forcément très actuelle, et il avait hérité de beaucoup tableaux. Il se trouve qu’avec mon frère et ma sœur, on avait décidé que c’était moi qui devais les garder. J’avais donc très envie de les intégrer dans la maison. Aussi, les tableaux de famille, je leur ai fait une place particulière pour pas qu’ils ne soient trop imposés dans la maison, car ils donnent un style qui n’est pas du tout le mien.
Ensemble, nous leur avons trouvé une place toute particulière, les tableaux de famille ont été accroché dans… les toilettes (rires) et je trouve ça drôle, ça décale complètement la fonction de cette pièce, mais aussi parce ces tableaux de familles ont pour moi une valeur affective dans la transmission, ce n’est pas totalement mon style, mais le fait de les avoir près de moi tous les jours était important.


Tu es tout le temps en mouvement et ton bureau est au cœur de ta maison. Comment arrives-tu à gérer ça ? Te permet-il de te recentrer dans ta vie, d’être plus présente dans ta maison ou est-ce que ça active ta créativité ?
J’ai toujours travaillé de chez moi, j’arrive à séquencer mes journées, comme si je partais au bureau, mais en fait, je suis chez moi. Le fait d’avoir mon bureau à la maison m’oblige à ce que l’espace me ressemble, mais qu’il soit toujours rangé. Ici, il est complètement vitré, donc j’ai besoin que ça s’harmonise avec le reste de la maison pour que je m’y sente bien et que je puisse jouir de tout ce qui m’entoure, tout en profitant de mes proches et mon chien au quotidien.
Aussi, le fait que je puisse avoir la vue sur la vie de la maison et son aménagement m’inspire…, mais c’est toujours pareil, j’aime pouvoir évoluer dans plusieurs espaces, parce qu’il y a des moments dans la journée où j’ai besoin de lire, de réfléchir. Donc, je peux me m’installer dans des endroits différents et quand je dois être concentrée, je me recentre derrière mon ordinateur, et je n’en bouge plus. En sus, dans mon travail, il y a beaucoup de littérature, mon bureau est rempli de livres, et le fait d’avoir tout sur place autour de moi me permet, de les regarder, de les toucher, de m’inspirer. Quand on évolue dans la communication, la publicité, l’événementiel, ou la culture en l’occurrence, tout est source d’inspiration. Donc, oui, j’ai besoin que mon bureau soit fourni. C’est peut-être la pièce qui me ressemble le plus, parce qu’il y a plein de choses différentes. C’est un peu le fouillis, le bazar, mais c’est un fouillis bazar assez organisé, en fin de compte.


On dit souvent qu’une maison, c’est un peu notre double peau. Peut-on dire que ton bureau est l’espace qui te ressemble le plus ici ?
C’est effectivement l’espace qui me ressemble le plus et en même temps, c’est essentiel pour moi pour m’aider à me recentrer, me concentrer. Il est plein sud et sans vis à vis, baigné de soleil, de lumière toute la journée ; il me suffit d’ouvrir la fenêtre, le chien peut se poser au soleil et moi, je peux jouir de cette lumière et cette chaleur… Ça, c’est quand même très agréable !
On a rénové cette maison ensemble il y a quatre ans, au tout début du Covid, trouves-tu que ton style a évolué depuis ?
Je ne pense pas que mon style ait évolué, parce qu’on est parti aussi de quelque chose, je trouve, qui me ressemblait beaucoup dès le début. Ça, c’était trés important. Et puis, on l’a vraiment construite en se disant : « On la revendra, donc il ne faut pas non plus que ça soit tout qu’à notre goût »… Mais j’y ai rajouté des touches de fun au fur et à mesure de mes trouvailles, encore plus de doré, des objets un peu rigolos avec de la couleur.
Cependant, je crois vraiment qu’il ne faut pas faire une décoration tout de suite, trop vite, parce qu’il faut vivre la maison pour ensuite lui rajouter des choses. Puis, de temps en temps, j’aime bien bouger un meuble, bouger quelque chose, bouger la déco, une pièce forte en me disant : « Là, je n’ai plus envie de l’avoir là tous les jours, au quotidien « , mais en revanche, je vais la mettre dans une autre pièce pour ne pas figer les choses…






Votre projet à moyen terme n’est pas de rester dans cette maison, est-ce que tu aurais envie de reproduire ta décoration d’aujourd’hui dans tes prochains lieux, ou tu auras envie de faire complétement autre chose ?
Il y aura des pièces fortes qui resteront, que j’adore et qui racontent quelque chose de ma vie. Je les emmènerai, c’est certain. En revanche, je suis certaine qu’il y a des pièces fortes qui ne vont qu’ici et potentiellement, j’aurais envie de changer. Après, tout dépend où nous nous installerons, dans quelle ville, dans quelle maison, mais il y a des choses que j’emmènerai, c’est sûr !
Et dans le style, je crois que le doré restera une de mes passions avec les objets anciens. Je crois que je n’arriverai jamais à aller dans du moderne, du contemporain, ce n’est pas moi. Peut-être une pièce contemporaine, mais j’ai tendance plutôt à les éviter…
Je te remercie beaucoup Céline pour cet échange et ta confiance sans failles.
Retrouvez ma rencontre avec Céline dans un style affirmé, remplie de joie et d’excentricité dans la vidéo ci-dessous.

