J’ai déménagé de très nombreuses fois (38 fois à ce jour). Et chaque fois, j’ai cherché un endroit où je pourrais enfin me poser. Un espace qui me comprenne sans que j’ai à parler. Un lieu qui m’aide à respirer autrement. Aujourd’hui, telle une thérapie, je me penche sur une série très personnelle : “Ce que les maisons m’ont appris.” et “Comment un lieu peut transformer votre vie” Parce qu’on ne vit jamais dans un lieu par hasard. Parce qu’un espace peut nous activer… nous apaiser. Et parce que le corps sait souvent avant nous si un lieu est bon. Je vous parlerai de lumière, de circulation, de silence, de refuge. De toutes ces choses invisibles qui transforment un espace en foyer. Et de ce que j’ai compris… en vivant, en retapant, en écoutant, mais aussi en vous accompagnant.

Créer un lieu à soi, ce n’est pas seulement décorer ou aménager. C’est se reconnecter à ses besoins profonds, à ses sensations, à ce qui nous fait du bien. Un lieu à soi, c’est un endroit où l’on peut se déposer. Respirer. Se retrouver. Aussi, avant d’entamer une quelconque transformation, il existe une phase souvent négligée : écouter le lieu. Avant les plans, les concepts, ou les projections, il s’agit d’écouter ce que l’espace a à nous dire. Cela se manifeste à travers sa lumière, ses vides, ses silences. Cette étape fondamentale, à la fois discrète et indispensable, nous pousse à ralentir et à établir une connexion avec ce dernier. Car un espace que l’on a pris le temps d’écouter devient un véritable partenaire, où toute transformation qui s’en suit, s’inscrit de façon pérenne avec toute sa justesse,.

Voici 5 clés, qui ne sont ni des règles ni des tendances, mais des invitations à observer, ressentir, ajuster. Pour que l’espace devienne un véritable prolongement de soi.
1. Écouter le lieu avant d’agir
Avant d’imaginer ce que vous voulez en faire de votre lieu, prenez le temps d’y vivre de circuler, de l’observer à différents moments de la journée. Comment la lumière y entre-t-elle ? Quels sont les endroits dans lesquels vous vous sentez bien ? Où circule-t-on facilement, et où est-ce que ça bloque ? Le lieu vous parle. Il a une mémoire, un rythme, une matière. Écoutez-le !
2. Créer des circulations naturelles
Un bon aménagement, c’est d’abord un bon mouvement. On ne devrait jamais avoir à contourner, à se heurter, à s’imposer dans un lieu. Réfléchissez à votre manière de vivre dans votre maison au quotidien : par où entre-t-on ? Où pose-t-on ses affaires ? Que fait-on en premier le matin ? Car créer un lieu fluide, c’est créer un lieu qui vous laisse respirer…
3. Travailler la lumière comme une matière
La lumière transforme tout. Elle réchauffe, apaise, éclaire. Elle régule notre horloge interne, impacte notre moral, notre énergie. Dans vos intérieurs, ne vous contentez pas de plafonniers. Multipliez les sources : une lampe basse, une lumière indirecte, une guirlande douce… Et jouez avec la lumière naturelle : voilages, miroirs, couleurs mates ou satinées. La lumière, c’est l’émotion d’un lieu.
4. Réduire pour révéler
Un espace trop rempli empêche de se sentir en paix. En enlevant ce qui est en trop, on laisse place à ce qui compte vraiment. Les espaces bien pensés apaisent le mental. Trop de tensions spatiales créent des tensions internes importantes. Aussi, ne gardez que les objets qui vous parlent, vous soutiennent, ou vous font sourire. Moins de choses, c’est plus de présence.
5. Choisir des matières qui font du bien
Le corps sait. Il sait quand un tissu est agréable, quand un mur respire, quand un sol nous ancre. On sait, par exemple, que le bois rassure, le béton ancre, le métal stimule : chaque matière raconte quelque chose à notre système nerveux. Aussi, le lieu idéal ne peut pas être lisse, mais vivant, texturé, sensoriel. Osez le bois brut, la chaux, le lin, la pierre, le silence aussi. Un lieu juste, c’est un lieu qu’on ressent sans avoir besoin d’y penser.
Un lieu à soi, c’est un lieu en lien avec notre corps, notre histoire, notre rythme.
C’est un endroit qui nous accueille sans conditions, qui nous accompagne dans tous nos mouvements de vie. Ils ont une histoire et nos corps la ressentent, alors réhabiliter un lieu, c’est un peu comme se soigner soi-même. Mon conseil : commencez par une pièce, un coin, un détail. C’est souvent là que tout commence.
A suivre…

