Avez-vous déjà ressenti ce sentiment d’apaisement en entrant dans un espace bien conçu ? Ou, à l’inverse, cette sensation inexplicable de tension dans un lieu qui semble pourtant anodin ? Ces impressions ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont souvent liées à un élément crucial mais invisible : la circulation.

Il y a dans certaines maisons une respiration immédiate. On y entre, et sans même y penser, on avance, on tourne, on passe. Les gestes se font naturellement, le regard glisse sans accrocs, le corps se détend. Et puis, il y a ces lieux où l’on bute sur un meuble mal placé, sur un angle trop saillant, sur une porte qui s’ouvre à contre-sens, des endroits où l’on serre les épaules sans s’en rendre compte, où l’on hésite à faire demi-tour parce qu’il manque un couloir mental pour continuer. Ces signaux subtils sont souvent des appels du lieu, car on ne les entend plus, noyés dans l’accumulation ou les automatismes de notre quotidien.
Aussi, créer des circulations naturelles, c’est recréer du souffle, accepter que l’espace ne se limite pas à ce qui est visible, mais qu’il est surtout fait de ce que l’on ne voit pas : les vides, les interstices, les flux. C’est comprendre que pour qu’un lieu nous apaise, il faut lui offrir la possibilité de nous accompagner dans nos mouvements, plutôt que de les contraindre.
Et cela commence par un geste simple, mais radical : désencombrer. Pas dans une logique minimaliste stricte, mais dans l’intention de laisser de la place à la vie qui circule.
Dans un espace où la circulation est bien pensée, les mouvements se font sans effort. On passe d’une pièce à l’autre naturellement, sans être gêné par des obstacles physiques ou visuels. Ce flux harmonieux crée une sensation de facilité, comme si l’espace lui-même respirait avec nous. Notre esprit se calme, notre corps se détend.



Par exemple :
Dans une entrée étroite, un banc, une banquette peut être plus utile qu’un meuble à chaussures trop profond.
Dans un salon, retirer un fauteuil superflu peut révéler une perspective oubliée.
Dans une chambre, simplement dégager la trajectoire entre le lit et la fenêtre permet au corps de respirer le matin.
Chaque objet posé dans un espace devrait répondre à une question :
👉 Est-ce qu’il me soutient… ou est-ce qu’il m’alourdit ?
Pas besoin d’être architecte pour ressentir qu’un lieu ne fonctionne pas. Votre corps le sait déjà. Il ralentit quand ça coince, il se détourne quand quelque chose l’agresse, il se déploie quand l’espace est juste.
Essayez un jour de traverser votre lieu les yeux mi-clos. Vous sentirais là où votre pied hésite, là où votre épaule se rentre, là où votre respiration se suspend.
Ecoutez toutes ces réactions corporelles, ces ressentis pour vous guider vers l’aménagement.
Créer une circulation naturelle, c’est aussi créer une logique intime
Un lieu fluide ne suit pas une règle universelle. Il suit votre propre logique d’usage et de rythme.
Vous êtes plutôt du genre à tourner en rond pendant que vous téléphonez ?
Alors laissez cet axe dégagé.
Vous faites souvent des allers-retours cuisine-bureau ?
Assurez-vous que le chemin soit simple, agréable, presque invisible.
Vous aimez vous asseoir face à la lumière ?
Ouvre cette perspective dès l’entrée.
Un intérieur fluide est un lieu où l’on ne pense plus à comment circuler.
Parce que tout est là, au bon endroit, au bon moment.
EN RESUME : Un bon aménagement, c’est d’abord un bon mouvement. On ne devrait jamais avoir à contourner, à se heurter, à s’imposer dans un lieu. Réfléchissez aux usages réels pour créer un lieu fluide, qui vous laisse respirer. Ecouter votre corps, et faites lui confiance pour vous dire ce dont vous avez besoin, libérer la circulation, pour offrir à votre quotidien un espace de légèreté, désencombrer avec intention, non pas pour faire vide, mais pour faire mieux.
Mes 3 exercices simples pour circuler, ressentir, désencombrer
Exercice 01 / LA CARTOGRAPHIE DES GESTES
Objectif : Étudier la circulation réelle dans votre lieu de vie.
Durée : 15-20 min
Protocole :
- Prenez une feuille blanche ou un plan de ton logement.
- Pendant 24h, observez attentivement tes trajets les plus fréquents : de la cuisine à votre bureau, de votre chambre à la salle de bain, de l’entrée au salon, etc…
- À chaque fois que vous faites un déplacement, tracez-le sur votre plan. Pas besoin de précision architecturale : ressentez et dessinez.
- Note en marge : Où votre corps ralentit ? Où vous contournez ? Où vous vous arrêtez ? Où vous vous crispez sans vous en rendre compte ?
💡 Astuce : Observez aussi ce que vous regardez en chemin. votre regard circule-t-il avec vous ou se heurte-t-il à des zones de « bruit visuel » ?
Exercice 02 / LA MARCHE DU CORPS CONSCIENT
Objectif : Ressentir la circulation avec tout votre corps.
Durée : 10 à 15 min
Protocole :
- Marchez lentement dans votre lieu, comme si vous le visitiez pour la première fois.
- À chaque pièce, faites une pause. Respirez. observez : avez-vous envie d’avancer, de rester, de vous détourner ?
- Fermez les yeux quelques secondes et ressentez vos appuis, la fluidité ou les freins.
- Posez-vous intérieurement cette question : « Qu’est-ce que cet espace me fait faire ? » Est-ce qu’il me soutient ou me contraint ?
Option sensible : fais ce parcours pieds nus, pour ancrer davantage ton ressenti corporel.
Exercice 03 / DESENCOMBRER PAR LA SENSATION
Objectif : Écouter les besoins réels de votre espace.
Durée : 1h ou + selon votre énergie
Protocole :
- Choisissez un espace de passage stratégique (entrée, couloir, zone entre deux pièces).
- Débarrassez tout, absolument tout. Gardez juste ce qui est nécessaire à la fonction de circulation.
- Restez là, dans ce vide temporaire. Comment vous sentez-vous ? Est-ce que vous respirez mieux ? Est-ce qu’un objet manque vraiment ?
- Réintroduisez uniquement les éléments essentiels, un par un, en posant à chaque fois cette question :
« Est-ce que ça me soutient ou est-ce que ça me freine ? »
Bonus introspectif : notez ce que vous ressentez face à ce vide. Gêne ? Soulagement ? Envie de respirer ? vous êtes en train de dialoguer avec votre lieu.


2 réponses à “Clé 02 / Optimisez votre espace : Créer des circulations naturelles”
Vraiment très intéressant. J’ai un soucis avec mon entrée et sa circulation d’ailleurs. Ma porte donne sur un mur du couloir. Pas totalement directement car l’ouverture est faite de façon à ce que le regard et nos pas ce dirigent rapidement vers le couloir mais quand-même, ce n’est pas spacieux et limite plutôt le passage mais je ne vois pas trop comment améliorer ce pb car je ne peux pas du tout agrandir cet espace 🤔
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Merci Lolabelle pour votre message, il faudrait que j’ai une photo pour comprendre votre problème – Cependant, les contraintes peuvent devenir un véritable atout, il faut travailler ce mur 😉
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