L’Art du vide : pourquoi désencombrer peut transformer votre vie

Dans un monde qui valorise le plein, le visible, l’accumulation, faire le choix du vide est un acte radical. Presque spirituel. Mais le vide n’est pas un manque. C’est un espace d’accueil, de respiration, de renaissance. C’est dans le vide que le regard se pose, dans le vide que l’on respire, que l’on entend enfin ce que le lieu murmure.

On accumule souvent des objets comme on accumule des pensées : par habitude, par attachement, par peur de manquer. On pose, on entasse des choses qui ne sont pas nécessaires, on rempli souvent pas réflexe. Cependant, un espace trop chargé a tendance à épuiser nos sens. Il crée du bruit, de la confusion, une gène, un brouillard intérieur.

Photo @les_penates_home

Mais pourquoi avons-nous peur du vide ?

Inconsciemment, nous avons peur du vide parce qu’il nous confronte à l’essentiel, à l’absence, à nous-mêmes. On cherche à positionner un meuble sur un mur vide, à positionner des objets/mobilier/cadres à chaque recoins, etc… très souvent par réflexe de protection, mais remplir ne laisse pas nos esprits se reposer. Des études ont montré que le désordre peut entraîner une augmentation du niveau de cortisol, l’hormone du stress. Un environnement encombré surcharge nos sens, met à mal notre bien être mental, nous fait nous sentir dépassés, il peut réduire notre capacité à nous concentrer et augmenter les risques de dépression.

Mais saviez-vous que laisser la place au vide permet à notre cerveau de mieux traiter l’information, de laisser libre cours à la nouveauté, à l’imaginaire

Les bienfaits du désencombrement

Dans mes accompagnements, je rencontre souvent le même problématique, on ne sait plus où mettre les choses, on a entassé, posé, accumulé. Les murs, les sols, les tables sont encombrés. On veut agrandir, transformer, alors que souvent, faire le vide, trouver une place pour chose est ce qui est à faire.

En réalité, on ne soupçonne pas les bienfaits sur notre bien-être et notre santé mentale lorsque que l’on commence à désencombrer. Cela ne se limite pas juste à un geste esthétique ou organisationnel : c’est une transformation qui touche le corps, l’âme et l’esprit. Il ne s’agit pas de vider pour faire de la place, mais de réinventer l’espace de façon vivante, apaisante, et profondément humaine, car cela agit sur :

  • l’apaisement physique : moins d’objets signifie moins d’obstacles à contourner, moins de surfaces à nettoyer, plus de fluidité dans les gestes.
  • la clarté mentale : un espace épuré réduit la surcharge visuelle, favorise la concentration et invite au calme.
  • la légèreté émotionnelle : se séparer de ce qui n’a plus de sens ou d’histoire permet de couper avec certaines charges du passé et d’accueillir de nouvelles expériences.
  • la circulation énergétique : la lumière, l’air et l’énergie se déplacent plus librement dans un espace allégé, créant une ambiance plus vivante et inspirante.
  • la reconnexion à soi : choisir ce qui reste, c’est réaffirmer ses valeurs et ses besoins, et se réapproprier pleinement son espace.
  • Favoriser la confiance en soi et retrouver les interactions sociales

Alors, désencombrer, c’est offrir à sa maison, à sa famille et à soi-même, l’opportunité de respirer et de se régénérer.

Voici quelques exemples concrets pour amorcer le désencombrement :

  • dans l’entrée : retirer le meuble à chaussures trop volumineux, remplacer par un banc fin et quelques patères bien placées,
  • sur la table basse : ne garder qu’un ou deux beaux livres, un objet qui inspire, et laisser le reste du plateau vide pour que le regard respire,
  • dans la cuisine : vider le plan de travail de tout ce qui n’est pas utilisé quotidiennement, ranger dans un placard ou une boîte esthétique,
  • sur les murs : décrocher les cadres ou photos qui n’évoquent plus rien, pour mettre en valeur une ou deux pièces fortes,
  • dans le dressing : se séparer des vêtements qui n’ont pas été portés depuis plus d’un an, et organiser les étagères par saison ou encore par couleurs,
  • dans le salon : enlever un fauteuil ou une petite table qui gêne le passage, afin d’ouvrir la circulation et révéler le volume de la pièce,
  • dans la chambre : retirer les objets inutiles des tables de chevet, ne garder que ce qui invite au repos, faites votre lit (Le saviez-vous ? Les personnes qui font leur lit tous les jours ont 19% de chance de s’endormir plus rapidement et de mieux dormir.)
  • dans les zones de passage : libérer les couloirs et dégager le sol pour que le mouvement soit fluide.

Photos @les_penates_home, @alexandre_deshayer, Pinterest

Amorcer le désencombrement

Chaque geste compte. Commencez petit, pièce par pièce, vous permettra de ressentir immédiatement l’effet du vide… et vous donnera l’envie de continuer, car ce vide que vous créez n’est pas une absence : 
c’est un espace d’accueil, on prépare un terrain pour apaiser notre esprit.

Cependant, qui dit faire le vide, ne veut pas dire ne pas garder des zones d’accumulation. En pondérant vos espaces, vous donnez plus de force, de présence aux éléments isolés. Vous libérez votre esprit pour favoriser la créativité… tout est une question de dosage.

Le potentiel du vide

Dans une maison, le vide peut :

  • mettre en valeur ce qui reste : un meuble, une œuvre, une perspective,
  • créer du mouvement : un passage fluide, une respiration visuelle,
  • changer l’énergie : un lieu dégagé est plus lumineux, plus ouvert,
  • stimuler la créativité : un coin libéré peut devenir un espace de lecture, d’écriture, de jeu,
  • favoriser l’apaisement : moins de stimuli visuels signifie un esprit plus calme.

Créer du vide, c’est apporter une respiration, une manière de se recentrer… Telle une page blanche : il ne demande qu’à accueillir ce qui compte vraiment, au moment juste.

Vous l’aurez compris, faire le vide dans sa maison est une véritable thérapie émotionnelle. Cela réduit considérablement le stress, améliore votre sommeil, vous reconnecte à vos vraies valeurs, augmente votre énergie, et réduit les dépenses émotionnelles en améliorant votre quotidien et en créant plus d’espace pour la joie… . Alors, ne passez pas à côté de ces incroyables bienfaits, passez au ménage de printemps.

« La sagesse de la vie consiste dans l’élimination du non-essentiel ». Lin Yutang

Voici 3 exercices sensoriels simples pour apprendre à désencombrer

  1. Choisissez une pièce de votre intérieur,
  2. Installez-vous dans un coin et regardez-la comme si vous y entrez pour la première fois,
  3. Notez ce que votre regard capte en premier, puis ce qui le dérange ou le fatigue,
  4. Repérez les « zones de trop », par exemple une étagère surchargée, une table encombrée, des recoins oubliés, un meuble qui bloque le passage, etc…
    Laissez votre œil vous guider. Il sait ce qui l’oppresse.
  1. Choisissez une petite zone d’une pièce (niche, meuble, rebord, étagère),
  2. Retirez absolument tout. Posez les objets sur le côté,
  3. Restez face à cet espace vide pendant au moins une minute,
  4. Puis remettez uniquement ce qui a du sens. Un objet utile, un élément qui inspire ou rien.
    Observez comme l’espace respire… et comme vous aussi.
  1. Choisissez une pièce de vie cette fois-ci,
  2. Retirez (ou masquez temporairement) un ou plusieurs éléments imposants : tableau, tapis, meuble d’appoint, fauteuil, décoration murale, etc…,
  3. Vivez cette pièce sans ces éléments pendant 24h,
  4. Notez ce que vous ressentez : vous sentez-vous calme ? ressentez-vous un manque, un soulagement ? redécouvrez-vous une nouvelle circulation, une nouvelle ambiance, une nouvelle exploitation de cette pièce ?
    Ce qui vous manque vraiment reviendra. Ce qui ne vous manque pas n’était peut-être pas à sa place

Des recherches montrent que le désordre — numérique ou physique — réduit l’efficacité du cerveau. Des études comme la théorie de la charge cognitive de Sweller (1988) montrent que les distractions inutiles épuisent les ressources cognitives. L’étude de l’UCLA (2011) a révélé que le désordre entrave la concentration et la productivité, tandis que la courbe de l’oubli d’Ebbinghaus (1885) illustre comment il nuit à la rétention de la mémoire. En termes simples, le désordre concurrence la capacité mentale, ce qui rend plus difficile de penser et de performer efficacement.

L’UniversityPrinceton University a observé que réduire le désordre permet de calmer l’esprit, d’améliorer la concentration, la confiance en soi, et même l’énergie créative.

D’après des chercheurs de l’Université du Nouveau-Mexique, intégrer le désencombrement dans son rythme de vie génère plus d’émotions positives, une plus grande sensation de bonheur, et un regain de contrôle sur son environnement.

Des articles de psychologie appliquée (Verywell Mind) expliquent que ranger et organiser son espace libère l’esprit, améliore le sommeil, favorise la concentration, et offre un sentiment d’accomplissement apaisant. https://www.verywellmind.com/decluttering-our-house-to-cleanse-our-minds-5101511

Minimalisme, clarté mentale et régulation émotionnelle

Selon Homes & Gardens (juin 2025), adopter un style de vie minimaliste « réinitialise le cerveau » : réduction du stress, sommeil amélioré, meilleure régulation émotionnelle, plus d’énergie et de sentiments positifs. homesandgardens.com.

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